Les années passent, demeure le mythe.
Sur Ocean Drive, les immeubles Art Déco ondulent des hanches comme les mannequins de tous les shootings en cours au bord de l’Atlantique. Ici la photogénie règne. Parfois, en direction des Caraïbes d’où viendront les typhons, la silhouette marmoréenne du plus grand paquebot des mers, le Freedom of The Sea vient boucher l’horizon. Une ancre passe. Partout ailleurs, la ville « be bop » au rythme cubain de la Calle Ocho dans une sensuelle moiteur.
Les noms suffisent à faire rêver : Coconut Grove, Key Biscaine… Vent de folie torride, vent de Floride. Partout, Miami n’en finit pas d’aligner ses Ferrari, ses 4x4 démesurés, ses bodybuilders survitaminés, ses filles siliconées, sa déchéance aussi avec ses ghettos et ses usines abandonnées.
Qu’importe ! Ici, même l’art contemporain a pris une largeur d’épaules considérable. Et puis, est-il d’autres métropoles où l’on se marie dans un parking ? C’est là, au bout de la rue piétonne la plus célèbre de la ville, que les architectes stars Herzog & De Meuron ont édifié un silo à voitures d’une telle classe qu’on y organise des parties d’un chic exalté. Là encore, que Franck Gehry bâtit, comme le fit autrefois Moris Lapidus, célèbre architecte de l’hôtel Fontainebleau, bâtiment sans complexe qui osa la danse du ventre avec ses façades courbes. C’est ainsi, c’est génétique. Miami swingue, Miami pulse.
Philippe Trétiack
Journaliste et écrivain