S’il est une ville où l’architecture peut vous mettre KO, c’est bien Chicago.
Le lac Michigan y prend des allures de mer et les gratte-ciel qui le bordent sont des balises hissées sur la houle. L’air cristallin, le grondement sauvage du métro bringuebalant sur les poutrelles du Loop, la brique en majesté dans des immeubles où naquit l’ascenseur, tout est à couper le souffle. Là, les habitants savent ce qu’une architecture peut procurer de fierté quand elle vibre avec la nature, surchauffe en été, vous fouette de pluie à l’automne, craque de tous ses joints.
Franck Gerhy y a dressé en centre ville un auditorium hérissé, Anish Kapoor déposé un galet de métal réfléchissant qui aimante les foules. Une fontaine y fait la joie des enfants, ravis de barboter devant des visages magnum qui sourient, tirent la langue. Chicago est une fête.
Certes, quand vient l’hiver, le blizzard peut vous cueillir au creux du Magnificent Mile. Les jupes relevée de la Marilyn Monroe récemment érigée face au Wrigley building ne font qu’ajouter à vos tremblements. Chicago est sans pitié. C’est une ville de colosses. On s’y sent des ailes. Chicago, c’est géant.
Philippe Trétiack
Journaliste et écrivain.